Votre mur est-il en pisé, en galets, en pierre ? La réponse change la façon de le réparer. Autour d’Avignon, des Alpilles et du Luberon, on a toujours bâti avec ce que le sol donnait : de la terre dans les plaines, des galets près des rivières, de la pierre tendre près des carrières. Cette page vous aide à reconnaître votre mur, et vous dit ce que nous faisons, et ce que nous évitons, pour le réparer.
Une maison ancienne de nos régions s’est presque toujours construite avec les matériaux trouvés à proximité. Là où l’on extrayait une pierre facile à tailler, on a bâti en pierre. Là où la rivière avait laissé des galets, on les a montés par assises. Dans les plaines, on a aussi construit en terre. Un même village, parfois une même maison, peut mêler les trois : un soubassement en pierre, un étage en terre, une corniche de tuiles.
Lire un mur, c’est donc lire le sol sur lequel il est né. Et c’est la première chose que nous faisons avant d’y toucher.

Un mur en pisé est un mur de terre argileuse, aussi appelé béton de terre. La terre, à peine humide, est tassée par couches successives dans un coffrage, que l’on nomme banche, jusqu’à former un mur plein et compact. Le résultat s’appelle banché.
Construire avec la terre est très ancien : dès le VIIᵉ millénaire avant J.-C., en Mésopotamie, on réalisait déjà des ouvrages avec de la terre argileuse. La construction traditionnelle en terre était stabilisée à la chaux ; le ciment n’est venu que bien plus tard. Le pisé est très largement présent en France, notamment au centre du pays, en Rhône-Alpes et en Midi-Pyrénées.
Chez nous aussi. En Vaucluse, la terre crue a servi là où la pierre manquait, surtout dans les plaines, pour des fermes et des dépendances. À L’Isle-sur-la-Sorgue, on l’appelait la « tapie » ; dans les faubourgs de Carpentras, on construisait déjà en terre au XIIIᵉ siècle.
Ce qu’un mur en pisé supporte mal, c’est l’eau qui ne peut plus sortir. Un enduit ou un revêtement étanche l’enferme : l’enduit se soulève, le salpêtre apparaît. Il s’accommode au contraire d’un enduit à la chaux, qui le laisse respirer, et d’un pied de mur tenu au sec. Certaines fissures verticales, aux reprises du coffrage, sont souvent sans gravité ; d’autres viennent du sol, et il faut alors aller regarder sous le mur.


Le long des rivières et près de la Crau, le galet était là, à portée de main. Dans les Alpilles, au sud, près de la Crau, certains murs sont montés en galets posés par assises et liés au mortier de chaux. Ailleurs dans le Sud, on a aussi traversé le mur de rangées de galets plats ou de briques, qui relient ses deux faces, en décalant les joints d’une assise à l’autre.
Un galet est rond et lisse : il ne s’accroche pas de lui-même, c’est le mortier qui fait tenir le mur. Quand il s’abîme, on le reprend avec un mortier de chaux de même nature, assise par assise, et non avec un ciment trop dur qui ne suivrait pas le mouvement du mur.


En Luberon et dans le Comtat Venaissin, on bâtissait en molasse, un calcaire gréseux tendre, facile à extraire et à tailler, que l’on exploite depuis l’époque romaine. Ses pierres portent le nom de leur village : Lacoste, Bonnieux, Ménerbes, Oppède, Caromb, Pernes. Des carrières sont encore en activité à Oppède, à Maubec et à Buoux. À Avignon, on a beaucoup employé les molasses de Villeneuve-lès-Avignon et des Angles, côté Gard, et celle de Barbentane, dans les Bouches-du-Rhône.
Dans les Alpilles, c’est un calcaire coquillier tendre, tiré de Fontvieille, des Baux et de Saint-Rémy. Partout, la pierre de taille était réservée aux endroits qui travaillent : chaînages d’angle, encadrements d’ouvertures, corniches. Le reste du mur est en moellons, des pierres moins régulières, maçonnés à la chaux. Dans les collines, la pierre sèche, assemblée sans mortier, a donné les murs de soutènement et les cabanes que l’on nomme bories.

Pour maçonner et enduire, on employait la terre, le plâtre, la chaux. La chaux, mêlée aux sables du pays, donnait ces enduits lisses qui protégeaient le mur tout en le laissant sécher.
Le ciment est plus récent : le ciment artificiel est mis au point à partir de 1817, et les finitions au ciment se répandent dans la région à partir de la fin du XIXᵉ siècle. Il est dur et peu poreux, ce qui le rend très utile sur un ouvrage moderne. Sur un mur ancien, il emprisonne l’humidité : elle cherche alors une autre sortie, dans la pierre, dans la terre ou dans l’enduit voisin.
Les toitures anciennes de la région sont presque toutes en tuiles canal. Sous le débord, la génoise, ces rangs de tuiles canal posés en saillie sur le mur, éloigne l’eau de la façade ; elle nous vient, dit-on, de maçons italiens. Quand les moyens le permettaient, on voûtait le rez-de-chaussée. Ce sont des détails que l’on remarque peu, et qui font vivre la maison : nous les reprenons avec les mêmes matériaux.



Quatre indices, sans rien démonter :
Aucun de ces indices n’est une preuve. La seule façon d’être sûr est de venir voir : nous regardons, nous relevons, et nous vous disons ce que nous avons trouvé.

Tout ne se répare pas de la même façon, et il arrive qu’une partie du mur doive être refaite. Nous vous le disons avant de chiffrer. Pour comprendre une fissure, voir Fissures et sécheresse ; pour la suite d’un chantier, Étude et maîtrise d’œuvre ; pour les enduits, la pierre et la toiture, Restauration du bâti ancien.
Ces différentes techniques historiques de constructions sont maîtrisées par notre famille, et nos équipes depuis trois générations. Pour tout renseignement sur ces méthodes anciennes, nous nous ferons un plaisir de les partager avec vous : ce sont des constructions où il fait bon vivre.
La première visite conseil est gratuite et sans engagement. Nous intervenons à Avignon, dans les Alpilles, le Luberon, le Comtat Venaissin, l'Uzège et le Triangle d'or de Provence — et au-delà selon les chantiers.
06 11 75 35 57Bureau : 2 place Alexandre Farnèse, 84000 Avignon
Dépôt : zone artisanale du Colombier, 13150 Boulbon